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Christophe Doré
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La marée noire a touché une nouvelle
fois les îles du Morbihan et les plages de Ploemeur, près
de Lorient, ce week-end. Aujourd'hui, la phase de nettoyage «terminale»
doit com-mencer pour dépolluer les zones de rochers.
Par ailleurs, un laboratoire indépendant,
Analytika, conteste la faible dangerosité de la cargaison
de l'Erika. Il constate « une multitude de
substances hautement cancérigène » dans
la cargaison du pétrolier. Selon ses analyses, l'Erika
ne transportait pas du fioul lourd n°2 mais un chargement
de déchets industriels spéciaux (DIS). Totalfina
a catégoriquement démenti, hier, ces affirmations.
Contacté par Le Figaro, Bernard
Tailliez, titulaire d'un doctorat de chimie et responsable du
laboratoire Analytika, a persisté dans ses propos. «
J'ai été intrigué par la spécificité
du transport et par les voyages de l'Erika vers l'Italie. J'ai
demandé à un ami de prélever un échantillon.
J'ai pu me fournir
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un
échantillon de fioul n°2 pro-venant de la raffinerie
de To-talFina en Provence. Le comparatif entre les deux produits
ne fait aucun doute , affirme-t-il. La cargaison de l'Erika
présente de forte différence avec le fuel lourd
»
Bernard Tailliez n'y va pas par quatre chemins:
« Il est invraisemblable que les dispositions adéquates
n'aient pas été prises d'urgence par TotalFina et
les autorités impliquées
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La
cargaison contiendrait
« une multitude
de substances hautement cancérigène »
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dans
la dépollution. Ces responsables ont laissé les
bénévoles dans l'ignorance la plus complète
de la toxicité inhérente aux fractions pétrolières
lourdes pourtant reconnues cancérogènes par le reste
du monde », écrit-il. Mais Bernard Tailliez va
plus loin. «Nos résultats démontrent que
la composition du rejet analysé est très différente
de celle du fioul n°2 de référence, et très
proche
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de
celle du résidu laissé par une opération
de raffinage poussé d'un fioul n°2, afin d'en récupérer
les dernières fractions valorisables. »
En clair, la cargaison de l'Erika serait,
selon lui, un produit classé Déchets Industriels
Spéciaux (DIS) dont Total cherchait à se débarasser
à moindre coût, transgressant la réglementation
européenne très stricte sur ce point.
De son côté, TotalFina a réaffirmé
que la cargaison de l'Erika était bien du fioul
n°2 issu de la raffinerie des Flandres utilisé comme
combustible industriel ou pour alimenter des diesels lents. «
Notre fioul n°2 est un mélange de fonds de distillation
auquel nous rajoutons des additifs pour un problème de
viscosité », a expliqué au Figaro
Michel Fontaine, responsable de la filière déchets
de TotalFina. Il a rappelé que les seuls déchets
sortant des raffineries étaient essentiellement des boues
de nettoyage et que la totalité du pétrole brut
était
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exploité à travers différents niveaux de
distillation. « Quant au caractère cancérigène
de ce produit, nous ne l'avons jamais nié. Tous les produits
pétroliers sont cancérigènes. Mais je vous
renvoi aux conclusions des medecins qui ont écarté
toute dangérosité pour les bénévoles.
» Le centre anti-poisons de Rennes n'a pas décelé
de risque grave pour les volontaires travaillant à la dépollution
au début des opérations. Enfin, Michel Fontaine
a émis l'hypothèse que l'échantillon du laboratoire
Analytika ne soit pas du fioul de l'Erika. « Il
n'est pas possible que cela provienne du dégazage d'un
autre pétrolier car, quand on dégaze, les produits
sont beaucoup plus liquides », rétorque Bernard
Tailliez. Son échantillon a été prélevé
le 4 Janvier sur l'île de Groix, le point le plus proche
de l'épave. On attend toujours le résultat des analyses
de l'Agence Française de Sécurité Sanitaire
des Aliments (AFSSA) sur la dangérosité du produit
sur les aliments. Bernard Tailliez demande, pour sa part, qu'un
échantillon soit directement prélevé dans
l'épave pour confirmer son travail.
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