1ère Page MAREE NOIRE Nouveaux soupçons sur le fioul
de l'"Erika".
Au vu des analyses d'un laboratoire indépendant, l'Association
des bénévoles de l'"Erika", présidée par le
Maubeugeois Rossano Pulpito, a assigné TotalFina au tribunal de
Brest.
L'ABE est en effet persuadée que le pétrolier ne transportait
pas du fioul lourd mais un déchet industriel plus toxique contenant
un additif chloré, ce qui, pour elle, pourrait constituer une falsification
de la cargaison.
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Environnement
L'association de bénévoles assigne en référé
TotalFina au tribunal de grande instance de Brest.
"Erika"
: nouveaux soupçons sur la nature du fioul.
Les soutes de l'Erika contiennent-elles du fioul lourd ou un déchet
industriel spécial ?
Au vu des analyses du laboratoire indépendant Abalytika du docteur
Bernard Tailliez, les membres de l'Association des bénévoles
de l'Erika (ABE), présidée par le maubeugeois Rossano Pulpito
(1), penchent pour la seconde hypothèse.
Ils ont sollicité le tribunal de grande instance de Brest, qui
a assigné en référé la société
TotalFina. Elle devra être représentée lors de la comparution
du mardi 1er août.
"Les éléments techniques et scientifiques en notre possession
nous permettent d'affirmer que l'Erika ne transportait pas un fioul n°2
mais bien un déchet industriel spécial" indique le communiqué
de l'ABE. L'association s'était employée, dans un premier
temps, à démontrer le caractère cancérigène
de la cargaison de l'Erika chargée à Dunkerque.
Désormais, elle veut prouver que le bateau contenait un additif
chloré (le chlorure de benzalkonium) d'une quantité d'environ
120 tonnes, selon les estimations de l'ABE.
Falsification délibérée.
"Aucune dérogation n'ayant été accordée
par le ministère de l'industrie à TotalFina pour l'utilisation
de cet additif, indique le docteur Tailliez dans son rapport, la
présence de ce produit dans la cargaison de l'Erika constitue une
falsification délibérée de marchandise."
Ces 120 tonnes de chlorure de benzalkonium auraient servi à
"réduire artificiellement la viscosité et l'adhérence
aux parois métalliques des résidus pétroliers lourds."
C'est également la présence du chlorure qui expliquerait
les premiers échecs de pompage.
D'un point de vue sanitaire, tant pour les humains que pour la flore
et la faune, le chlorure rendrait le fioul de l'Erika plus toxique encore.
Pour toutes ces raisons, l'ABE demande qu'un expert indépendant
soit nommé pour effectuer de nouvelles analyses.
Si elles confirment la présence de chlorure, TotalFina pourrait
avoir à assurer la totalité des remboursements (qui pour
l'instant pourraient être pris en charge par le Fipol, le fonds commun
des industries pétrolières).
Et l'ABE déposerait cinq nouvelles plaintes, principalement
pour atteinte à l'environnement et transport d'un produit interdit.
(1) Les statuts de l'ABE ont été déposés par le maubeugeois Rossano Pulpito, son président, le 10 mars à la sous-préfecture d'Avesnes-sur-Helpe. Juste après avoir eu connaissance des risques sanitaires encourus par les bénévoles qui ont nettoyé les plages.
Des suintements ont, par ailleurs, dû être colmatés
sur l'épave, pendant que se poursuivent les opérations de
pompage. Les plongeurs ont quelque difficulté à les colmater.
"L'étanchéité des colmatages s'est détoriorée.
Il est possible que le fait d'avoir travaillé sur l'épave
ait occasionné un affaiblissement de la coque", a estimé
un représentants du ministère des Transports, détaché
à Brest.
Plus de 3 000 tones de fioul et de fluidifiant ont pour l'instant été
retirées de l'épave arrière du pétrolier.
Note : quelques fautes de style et d'orthographe -présentes dans
l'original- ont volontairement été retranscrites telles quelles.