Journal "La Sambre" 28 juillet 2000
Olivier Hurbin

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Quelle est la nature de la cargaison de l'Erika ?

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Quelle est la nature de la cargaison de l'Erika ?
L'A.B.E. de Maubeuge réclame une expertise
Depuis le naufrage de l'Erika, une polémique s'est inatallée sur la nature exacte du produit affrété par la Sté Total Fina.

Voilà une affaire qui risque de faire grand bruit dans quelques semaines. Pas de doûte que les mouvements écologistes nationaux feront de cette affaire leurs choux gras. L'Association des bénévoles de l'Erika (ABE), fondée au lendemain du naufrage de l'Erika le 24 décembre dernier, présidée par Rossano Pulpito, réclame "un expert indépendant ayant pour mission, et ce de manière contradictoire, de procéder à un prélèvement du produit extrait des soutes de l'Erika, de procéder à une analyse de ce produit, de déterminer sa composition chimique exacte, de dire si celui-ci doit être considéré comme un fioul lourd n°2 ou un déchet industriel spécial (DIS)."

"Aujourd'hui on ne peut pas approcher le navire, tous les prélèvements effectués sur le site sont réalisés par Total Fina."
Jusque là rien de bien extraordinaire, si ce n'est d'essayer d'approcher un peu plus près le navire qui aujourd'hui repose à plus de 120 mètres de fond et dont la seconde phase de pompage des soutes a débuté ces derniers jours. "Aujourd'hui on ne peut pas approcher le navire, tous les prélèvements qui sont effectués sur le site sont réalisés par TotalFina. Nous ne remettons pas en cause le prélèvement puisque ceux-ci sont toujours effectués avec un huissier, mais le principe que nous ne pouvons pas nous-même avoir un échantillon de la cargaison qu'il a chargé à Dunkerque, et celà, afin que l'on puisse procéder à une contre expertise", souligne Rossano Pulpito.
Mais voilà, rebondissement dans l'affaire, depuis quelques jours, l'ABE, s'appuyant sur un rapport scientifique de Bernard Tailliez émet de sérieux doutes sur la nature du produit qui s'est déversé sur les côtes bretonnes. Si la nature du produit se révèle être autre chose qu'un fioul n°2, cela signifierait alors que Total Fina a essayé de mystifier l'ampleur de la catastrophe écologique.
Car si le produit se révèle un déchet, la société Total Fina risque d'y laisser quelques plumes.
Docteur en sciences en chimie organique, expert auprès du Tribunal de Grande Instance (TIG) d'Aix en Provence, et gérant du laboratoire indépendant Analytika, M. Tailliez aurait mis à jours (mieux vaut employer le conditionnel) que le produit embarqué dans les cuves de l'Erika à la raffinerie de Dunkerque pourrait renfermer du chlorure de benzalkonium. Un produit qui en théorie dans un fioul de type n°2, n'a rien à y faire. Toujours selon Bernard Tailliez, il pourrait y avoir dans cette cargaison plus de 120 tonnes de ce produit...
Aussi l'ABE a assigné en référé le mardi 1er août, la société Total Fina au TIG de Brest, afin de solliciter la désignation d'un expert indépendant qui pourra ramasser quelques échantillons afin de connaître la vérité sur le contenu exact que transporté l'Erika au moment de son naufrage... A suivre.
 

Note : quelques fautes de style et d'orthographe -présentes dans l'original- ont volontairement été retranscrites telles quelles.