Pourtant Ouest-France dans un article publié samedi 26 février 2000 dans son édition Saint-Brieuc et repris -fait exceptionnel- dans chacune des éditions départementales concernées par la marée noire de l'Erika titre sur "Le stockage réussi de Trégastel". Dans le corps du texte, les constats de Robin des Bois sont caricaturés et traités d'"aberrants". Mais les faits sont tetus à Tregastel sous les terrains sportifs de Poul-Palud : les hydrocarbures pour l'essentiel de l'Amoco Cadiz (et non pas du Tanio comme prétendu dans l'article) ne sont pas confirmés, l'action des marées hautes contribue à leur relarguage et le mélange des hydrocarbures avec de la chaux présente des risques, contrairement à ce que prétendait la Direction Départementale de l'Equipement, inventeur du procédé Mouli-nec en 1978. En parlant d'un "stockage réussi", Ouest-France accrédite l'idée que les déchets de l'Erika pourraient être traités avec de la chaux et utilisés en travaux publics, une technique économique et évidemment considérée avec intéret par Total !
Robin des Bois est victime depuis dix jours, ainsi que certains journalistes,
de convocations ou d'intimidations judiciaires alors que l'objectif de l'association
et d'assainir et d'embellir à moyen terme les fonds marins et le littoral
breton.
Il importe dès maintenant de profiter des pistes techniques et financières
ouvertes par les impératifs de stockage et d'élimination des déchets
de l'Erika pour que les dépots "provisoires" illégaux et fuyards
des marées noires antérieures fassent l'objet d'une signalisation,
d'un diagnostic rapide, ainsi que d'un déstockage hiérarchisé.
Robin des Bois prie instamment le Comité Interministériel
pour l'Aménagement et le Développement du Territoire qui se réunit
demain à Nantes de se saisir de ce dossier et de fixer aux services déconcentrés
de l'Etat et aux élus locaux des orientations précises.
La multiplicité des sites "temporaires"
non inventoriés et déterrés par Robin des Bois démontre
l'absence de politique nationale de gestion des sites pollués suite aux
accidents de transport maritime et fait craindre que l'oubli soit considéré
comme la gestion la plus appropriée par les pouvoirs publics.
Robin des Bois prend acte de la fermeture et de la décontamination en Loire-Atlantique des sites intermédiaires de stockage des déchets de l'Erika. La vigilance reste de mise en ce qui concerne les infiltrations, suintements et nuisances olfactives résiduelles.
Une autre priorité est de veiller à la bonne gestion des sites "lourds" autorisés pour 6 mois, renouvelable une fois. Si au bout d'un an, les sites "lourds" de Paimboeuf, Donges (2 sites), Caudan près de Lorient et Fontenay-le-Comte en Vendée étaient toujours en place, ils devront faire l'objet d'une enquête publique.
D'autre part, après avoir remis au goût du jour un site d'au moins
6000 tonnes de déchets de l'Amoco Cadiz à Donges, Robin des Bois
alerte les riverains et l'opinion publique sur la présence attestée
de déchets
bruts des marées noires du Torrey Canyon, du Boehlen, de l'Amoco Cadiz
et du Tanio sur des sites non-étanchéifiés et démunis
d'autorisation préfectorale. Cet inventaire non-exhaustif comprend les
communes et les sites suivants :
Côtes d'Armor : les îles d'Er, Plougrescant, île de Bréhat, Penvénan (3 sites), Trévou-Tréguignec, Perros-Guirec (4 sites), Ploumanach, Ploubazlanec, Pleubian
Finistère : Plougasnou, et entre la Pointe de Penharn et la Pointe du Millier (4 sites).
Membre depuis 1993 du groupe de travail interministériel sur les sites pollués, Robin des Bois a dans ce cadre insisté pour que, à côté des sites pollués par des accidents de camions ou de trains, soient identifiés et traités les sites pollués suite à des accidents maritimes. Tous les inventaires régionaux devraient recenser et diffuser les sites terrestres pollués par les déchets consécutifs aux accidents maritimes.
Robin des Bois estime que les déchets du Tanio, du Boehlen, du Torrey
Canyon, de l'Amoco Cadiz et de tout autre échouage ou naufrage impliquant
des hydrocarbures doivent être stockés et traités dans les
mêmes lieux et en même temps que les déchets de l'Erika et
souhaite que ce sujet soit abordé au prochain Conseil Interministériel
sur l'aménagement du territoire consacré à la mer et au
littoral qui se tiendra à Nantes le 28 février 2000.
ROBIN
DES BOIS
Association de Protection de l'Homme
et de l'Environnement
15 Rue Ferdinand Duval
75004 PARIS CEDEX 4
Tél : 1 4804 0936 - Fax : 1 4804 5641