Communiqué de presse CIADT Nantes                                                                              le 27 Février 2000

Pour une mise en conformité des sites pollués
par les déchets de toutes les marées noires.

Il se confirme donc que de nombreux dépôts sauvages ou non controlés de déchets des naufrages du Torrey Canyon, du Boehlen, de l'Amoco Cadiz et du Tanio sont enfouis le long du littoral breton et constituent des risques de dégazage chroniques nuisibles à la salubrité publique et à l'environnement marin.
La DRIRE-Bretagne confirme que la liste des stockages doit être réactualisée et que des actions prioritaires doivent être mises en oeuvre. Il en est ainsi de l'ile d'Er, inscrite à l'inventaire des zones Natura 2000 et du site de Castel-Meur, -propriété du Conservatoire du Littoral-, sur la commune de Plougrescant.
A Trégou-Tréguinec, dans la zone marécageuse du Royau, les affleurements de chaux sont visibles au bord de la plage. Le trait de cote est en cours d'affaissement selon les observations des riverains et le stockage est recouvert, depuis quelques années en période de grandes marées. A Plougrescant, à Pleubian (sites de Port-Béni et du Rugno), les riverains se rappellent des envols de chaux sur les facades des maisons, et confirment que les déchets sont toujours là.
La fosse du Rugno jouxte des terrains consacrés à la culture des pommes de terre et des choux-fleurs. A Ploubalzanec, près de l'embarcadère Traou-an-Arcouest, les déchets ne sont pas entérrés : ils forment des talus sur un parking engazonné, sillonné par des ruisseaux, à 100 mètres de la mer en contrebas. A Perros-Guirrec la carrière remblayée de Park-ar-Rou recèle des déchets de l'Amoco Cadiz en quantité inconnue, ainsi que l'ex-décharge brute de Kerzinan, maintenant qualifiée de déchertterie par la municipalité. Le site de Trégastel -100.000 m3 de déchets d'hydrocarbures- donne aussi des signes de faiblesse, puisque des traces d'hydrocarbures sont visibles sur les chemins et dans les fossés du site de stockage.

Pourtant Ouest-France dans un article publié samedi 26 février 2000 dans son édition Saint-Brieuc et repris -fait exceptionnel- dans chacune des éditions départementales concernées par la marée noire de l'Erika titre sur "Le stockage réussi de Trégastel". Dans le corps du texte, les constats de Robin des Bois sont caricaturés et traités d'"aberrants". Mais les faits sont tetus à Tregastel sous les terrains sportifs de Poul-Palud : les hydrocarbures pour l'essentiel de l'Amoco Cadiz (et non pas du Tanio comme prétendu dans l'article) ne sont pas confirmés, l'action des marées hautes contribue à leur relarguage et le mélange des hydrocarbures avec de la chaux présente des risques, contrairement à ce que prétendait la Direction Départementale de l'Equipement, inventeur du procédé Mouli-nec en 1978. En parlant d'un "stockage réussi", Ouest-France accrédite l'idée que les déchets de l'Erika pourraient être traités avec de la chaux et utilisés en travaux publics, une technique économique et évidemment considérée avec intéret par Total !

Robin des Bois est victime depuis dix jours, ainsi que certains journalistes, de convocations ou d'intimidations judiciaires alors que l'objectif de l'association et d'assainir et d'embellir à moyen terme les fonds marins et le littoral breton.
Il importe dès maintenant de profiter des pistes techniques et financières ouvertes par les impératifs de stockage et d'élimination des déchets de l'Erika pour que les dépots "provisoires" illégaux et fuyards des marées noires antérieures fassent l'objet d'une signalisation, d'un diagnostic rapide, ainsi que d'un déstockage hiérarchisé.

Robin des Bois prie instamment le Comité Interministériel pour l'Aménagement et le Développement du Territoire qui se réunit demain à Nantes de se saisir de ce dossier et de fixer aux services déconcentrés de l'Etat et aux élus locaux des orientations précises.


Communiqué de presse Erika n° 11                                                                                 le 24 Janvier 2000

L'Amovo Cadiz sur les bords de la Loire

D'après des informations recueillies sur place à la fin de la semaine dernière et confirmées aujourd'hui par la D.R.I.R.E. (Direction Régionale de l'Industrie, de la Recherche et de l'Environnement) des Pays de Loire, il s'avère qu'environ 3.000 tonnes de déchets sableux souillés aux hydrocarbures de l'Amoco Cadiz sont stockés sur une parcelle du Port Autonome de Nantes Saint-Nazaire.
Ce stockage a été autorisé à titre provisoire par arrété préfectoral signé en 1978.
Ces déchets sont censés ne pas contenir plus de 5% d'hydrocarbures, la surveillance par piézomètres effectuée jusqu'en 1988 n'a pas révélé de pollution des eaux souterraines, selon les autorités.
Ces 3.000 tonnes sont issues d'un lot total de 21.000 tonnes de déchets de l'Amoco Cadiz traités en 1978 et 1979 dans la station de déballastage de la forme Joubert à Saint-Nazaire.
Mélangés à de la chaux par la D.D.E. (Direction Départementale de l'Equipement) de Loire Atlantique, ils ont été en partie réutilisés en remblai et sous-couche routière dans le département de Loire Atlantique et dans l'emprise du Port Autonome.
Le stockage de ces déchets résiduels est situé en bord de Loire à environ 800 mètres du nouveau site lourd pour les déchets de l'Erika qui, d'une capacité globale de 50.000 m3, est en cours de finalisation sur l'emprise d'un ancien périmètre de bacs de stockage ayant appartenu à Total.
Désaffecté il y a environ six ans, ce périmètre n'a pas subi de décontamination.
 

La multiplicité des sites "temporaires" non inventoriés et déterrés par Robin des Bois démontre l'absence de politique nationale de gestion des sites pollués suite aux accidents de transport maritime et fait craindre que l'oubli soit considéré comme la gestion la plus appropriée par les pouvoirs publics.



Du Torrey Canyon à l'Erika

Robin des Bois prend acte de la fermeture et de la décontamination en Loire-Atlantique des sites intermédiaires de stockage des déchets de l'Erika. La vigilance reste de mise en ce qui concerne les infiltrations, suintements et nuisances olfactives résiduelles.

Une autre priorité est de veiller à la bonne gestion des sites "lourds" autorisés pour 6 mois, renouvelable une fois. Si au bout d'un an, les sites "lourds" de Paimboeuf, Donges (2 sites), Caudan près de Lorient et Fontenay-le-Comte en Vendée étaient toujours en place, ils devront faire l'objet d'une enquête publique.

D'autre part, après avoir remis au goût du jour un site d'au moins 6000 tonnes de déchets de l'Amoco Cadiz à Donges, Robin des Bois alerte les riverains et l'opinion publique sur la présence attestée de déchets
bruts des marées noires du Torrey Canyon, du Boehlen, de l'Amoco Cadiz et du Tanio sur des sites non-étanchéifiés et démunis d'autorisation préfectorale. Cet inventaire non-exhaustif comprend les communes et les sites suivants :

Côtes d'Armor : les îles d'Er, Plougrescant, île de Bréhat, Penvénan (3 sites), Trévou-Tréguignec, Perros-Guirec (4 sites), Ploumanach, Ploubazlanec, Pleubian

Finistère : Plougasnou, et entre la Pointe de Penharn et la Pointe du Millier (4 sites).

Membre depuis 1993 du groupe de travail interministériel sur les sites pollués, Robin des Bois a dans ce cadre insisté pour que, à côté des sites pollués par des accidents de camions ou de trains, soient identifiés et traités les sites pollués suite à des accidents maritimes. Tous les inventaires régionaux devraient recenser et diffuser les sites terrestres pollués par les déchets consécutifs aux accidents maritimes.

Robin des Bois estime que les déchets du Tanio, du Boehlen, du Torrey Canyon, de l'Amoco Cadiz et de tout autre échouage ou naufrage impliquant des hydrocarbures doivent être stockés et traités dans les mêmes lieux et en même temps que les déchets de l'Erika et souhaite que ce sujet soit abordé au prochain Conseil Interministériel sur l'aménagement du territoire consacré à la mer et au littoral qui se tiendra à Nantes le 28 février 2000.


ROBIN DES BOIS
Association de Protection de l'Homme
et de l'Environnement
15 Rue Ferdinand Duval
75004 PARIS CEDEX 4
Tél : 1 4804 0936 - Fax : 1 4804 5641